L’urgence de mettre l’économie circulaire au cœur de la stratégie des entreprises

07/06/2019

Groupe

Édité par SPB

Nous devons préserver nos ressources : au 10 mai 2019, en Europe, nous aurons déjà épuisé toutes les ressources que notre terre est capable de produire en une année ! Aujourd’hui, il est urgent de mettre en place une véritable économie circulaire et je suis persuadé que cela représente une opportunité pour les entreprises. Voici mon témoignage pour le groupe SPB.


SPB assure en moyenne près de 15 millions de produits électroniques chaque année. Nous nous sommes donc posés très tôt la question de la réparation et du réemploi des biens, notamment électroniques.

Dès 2000, il nous est apparu essentiel d’intégrer des solutions de reprise et de réparation de matériel de manière systématique dans tous nos programmes d'assurance. A partir de 2009, nous avons décidé de réaliser nous-même ce type de prestation grâce aux acquisitions successives de la société de négoce de matériel d’occasion O2M (aujourd’hui SPB Services, spécialiste de la seconde vie des produits) et du réseau de réparation de proximité Point Service Mobiles. Et de créer des entités équivalentes dans tous les pays où nous étions implantés : Espagne, Italie, Angleterre, Allemagne...

Ces décisions, très atypiques pour un courtier en assurance, reposaient sur la conviction profonde que nous devions trouver des solutions fiables, économiques et rapides de réparation ou de remplacement tant pour les consommateurs que pour nos clients assureurs ou distributeurs. Le contexte était très favorable : non seulement les consommateurs étaient de plus en plus soucieux de l'impact environnemental de leurs achats, mais la conscience des entreprises a également évolué grâce à des forums comme celui de Davos en 2012 sur les opportunités économiques de l’économie circulaire. La crainte de faire face à des risques nouveaux de carence en matières premières (notamment les fameuses terres rares essentielles dans l'industrie électronique) ne fait que confirmer l'importance de cette réflexion.

De plus, l’adoption de nouvelles normes environnementales DEEE, en juillet 2012, a créé un contexte d’échange et de partage de bonnes pratiques avec tous nos partenaires. Les risques d'image étaient aussi de plus en plus évoqués, et j’ai été personnellement très impressionné par un article du New York Times* sur la décharge de biens électroniques d’Agbogbloshie au Ghana. Avec une question centrale : comment éviter cette dérive avec les nombreux biens que nous assurons ?

L’économie circulaire est indéniablement vertueuse et l’intégrer dans notre modèle d’entreprise a constitué un véritable levier de développement. Aujourd’hui, nous réalisons plus d'un million de réparations par an, et ce chiffre croit constamment. Via notre réseau PSM (Phone Service Center à l’international), nous employons plus d’un millier de techniciens, preuve que cette approche est créatrice d’emploi également. Et l’acquisition récente de Save (corners de réparation de smartphones) va nous permettre de nous rapprocher encore plus du consommateur avec à terme 500 boutiques de réparation dans toute l’Europe.

De services conçus à l’origine pour enrichir l’assurance, nous élargissons actuellement nos marchés et notre champ d’expertise, pour accompagner dans leur stratégie les distributeurs, les fabricants, les e-commerçants et les sociétés financières. Symétriquement, l’assurance permet de financer ces nouveaux services d’optimisation et de recyclage, et de trouver les meilleures solutions.

Les évolutions réglementaires vont être très utiles à l’émergence de ces services, notamment pour inciter les distributeurs à proposer aux consommateurs des solutions simples et universelles de reprise de leurs biens usagés ou cassés, mais aussi pour les fabricants qui vont devoir intégrer de plus en plus la facilité de réparation et de recyclage. A l’image de www.fairphone.com, qui propose des téléphones entièrement et facilement réparables, le futur est aux produits pensés dès leur conception pour le réemploi. Toutes ces évolutions vont dans le bon sens et c'est bel et bien en intégrant cette réflexion dans la stratégie des entreprises que nous éviterons l’épuisement des ressources naturelles et que nous serons capables de créer une économie véritablement circulaire.

https://www.nytimes.com/slideshow/2010/08/04/magazine/20100815-dump.html

Jean-Marie Guian
Président du directoire du groupe SPB